le postulat final



j’ai presque pas parlé hier soir
je fumais des phalanges l’étage en bas
à la table – j’ai pas bougé
sans que ça se voit sans que ça dérange
je m’entendais pas au moins
le moins souvent s’entendre

jeter la cassette emmêlée si elle surgit
me regarder dans la vitre et l’apparence
d’avoir soixante-sept ans de crever
désintéressée et dans deux semaines
 

si c’était à refaire
je me rebâtirais encore moins stable que tu me vois
m’écrouler que les pièces révèlent une mosaïque
qui te fait un sens le temps d’un coup d’œil nonchalant

hâte d’être à février
c’est là que je me dis le moins
je fous rien puis ça apaise
là c’est vrai que ça m’arrive
de ce temps-ci sans me défendre
de me sentir décalée sans espérer mieux
rejetée de mes propres aspirations
j’y écris ici je suis perdante
parce que s’éloigne l’idée
celle qu’elle prend pour ne surtout pas briller
je cache que j’ai mal cracher que tu te gères mal
tentative d’être en lutte contre le mal le mien
en matière d’enrayement
d’économie de réussites
quand je rate je me célèbre comme une pluie qui salit à temps
quand tu te rappelles que je pleure
quand tu crois que je te mens pas
rassure-moi ma tête que j'existe je suis pas transparente
tu peux entrer en moi et tu vas saisir ce que tu saisissais déjà
la tristesse générique le postulat final c’est décevant de m’aimer