anatomie d'une parole peu donnée

il n’y a que la moitié du ciel les draps sont blancs ça ne part pas je trouve ça difficile au fond aujourd’hui je peux te le dire je fais très mal la conversation le silence est un organe vital et je m'en sers comme une retraite alors pour moi ce sera le bruit timide la lente nécessité hors la frénésie la lumière qui filtre j’écoute et je n’écoute pas vraiment si t’es un homme blessé que t’es ici tu peux comprendre pourquoi j’ai peur de la vérité parce que la vérité se déplace dans l’épaisseur du deuil et je trouve ça difficile au fond aujourd’hui je peux bien te le dire il y avait un ciel plein où tu pouvais me reconnaître où tu pouvais m’aimer avant mon refus global j’en veux à personne la neige est partie depuis et moi aussi.


je textais pas j’écrivais ceci sans faire d’accident

je me disais ça mais moins fort je le dis avec toi dans un sens que je crois commun et je communique mes pensées comme des arbres qui n’ont jamais poussé parce que t’as fermé les yeux aux mille reprises tombée d’un coup dans la scène tragique la scène froide ça arrive encore mais ça arrive à moi je dirais que ça m’arrive même qu’une joie vivace me passe à travers mais si tu fais comme si tout était rose quarante fois à l’heure pour garder la conscience bien fixée sur ce qu’ils appellent la joie pleins d’émoticônes jaunes dans leurs bouches endettées quelque chose de samedi soir et de saloperie humaine qui n’est pas ma saloperie je textais pas j’écrivais ceci sans faire d’accident et ça devient juste quand tu te rappelles qu’il y a au moins un coupable anonyme qui a rasé ta terre.

5gr pour dormir dans l'aiguille


Marseille, 25 janvier 1996, Tarkos écrit que, dans les gravats, il a son adresse en construction qui temporise.

Je me suis perdu, j’ai bien fait de me perdre, j’avais la force de l’élan, puis je me suis perdu, j’ai mis toutes mes forces pour me perdre


Où es-tu ?...