demain c’pas pour ça que je respire demain si tu me répondais on reste ici dans les appartements tièdes refuse le passe pas chez les gens normaux parce qu’on t’y pousse demain va falloir te lever pour tenir les liesses de tes angoisses en dépit de les galvaniser va falloir descendre dans le métro pareil aller boucher les tuyaux qui fuient partout c’est avec les coulées qui va falloir marcher demain je mise beaucoup sur demain demain je peux perdre encore pour ma défense ben j’ai peu de choses à dire tu vois j’ai de l’avenir maintenant je suis déjà loin et même que j’ignore où


l’hématome sous l’œil gauche ça relève d’autres choses ou bien des mains malaisées tendues perchées sur des habitudes sociales des conversations prétextes qui empilent les bonjour oui je réponds en décalage toujours deux heures trente plus tard alors que l’escalier mécanique me remonte me ramène sur des scènes de crimes sadiques l’enquête est close j’ai plus dix ans j’ai fait le saut l’enfant est levée ou bien je pourrais redevenir et qu’est-ce que tu pourrais bien être d’autre d’un lieu à l’autre d’une épaule à l’autre à quoi penses-tu quand tu t’empares de ma main pour la déposer sur ta gorge alors que mon corps se lie du tien que je devrais m’attacher à l’une de tes courroies spirituelles comme un spasme je m’échappe tu veux partir tu pars tu te tires dans ta tête seulement pas moyen autrement assommée par la chose en retour tu règnes sur mes obsessions sans histoire et tu caches les jokers quand mes yeux se cramponnent au plafond et cherchent à s’élever au-dessus de la mêlée j’arrive même à me rappeler des images de moi que j’ai jamais vues cheveux détachés avec la fenêtre ouverte de l’autobus qui les fait tournoyer rire fort aux blagues des garçons tes synapses font des associations dont j’ignore les trajets ou bien l’ombre de quelqu’un son revers de la médaille la face cachée d’un fantasme en orbite dans ton crâne depuis des années je ne suis peut-être que ça pour toi ou bien toi aussi tu n’es peut-être que le retour d’un refoulement celui que j’enterre chaque matin dans un nouveau lieu introuvable tu as l’aspect du déjà connu du déjà brûlé par-delà les terrains vagues où je continue de t’entendre sans toutefois pouvoir te voir  
Qui es-tu ? Que sais-tu de la vérité ? Que questionnes-tu ? Quelles sont tes obsessions ?
 Michael Ackerman